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Propos recueillis par Philippe Le Boulanger, rue Premion
 
La thématique du changement peut être source de stress dans l’entreprise… Mais il faut au contraire savoir l’exploiter, la maîtriser, pour redonner de l’énergie à l’entreprise et à ses équipes. Pour les dirigeants associés de H3O – Laurent Ouvrard pour For Action, Grégoire Buffet pour Recrutements Spécifiques et Emmanuel Buée pour Ressources de Transition –, le changement est une chance pour l’entreprise, pour autant qu’on prenne conscience de nouveaux déterminants de la réussite des organisations.
 
« Sans doute ne parle-t-on pas assez de ces parcours d’entreprises qui ont osé hier changer, et qui en tirent aujourd’hui des résultats très positifs, déplore Laurent Ouvrard. Ces exemples permettraient peut-être de diffuser de bonnes pratiques, de démontrer que c’est possible. On pourrait ainsi prouver que ça marche, et surtout expliquer qu’il existe des méthodes pour relâcher les freins au changement. C’est naturel en effet d’avoir peur ou de s’opposer au changement. On peut avoir peur pour soi, pour son service, pour son organisation. En revanche, si on sait aborder le sujet et accompagner les gens, si on travaille avec méthode, les gens suivent », assure Laurent Ouvrard.

 

L’agilité, moins contrainte qu’opportunité

« Sur le terrain, nous avons en effet cent exemples qui démontrent que le changement dans l’entreprise, et de l’entreprise, est possible… si on va jusqu’au bout du renouvellement du point de vue, ce qui évidemment est parfois bousculant », appuie Emmanuel Buée. « Il ne faut pas baisser les bras devant les freins au changement : il faut les repérer, et prendre conscience que tout le monde les affronte. Les salariés, mais aussi les cadres et les dirigeants. Il arrive même que la politique de changement soit décrétée par quelqu’un qui n’en a pas profondément envie : ce n’est pas la meilleure façon de réussir », constate Grégoire Buffet.
 
Emmanuel Buée, en spécialiste de la transition, confirme : « Les hiérarchiques ne sont pas forcément ceux qui désirent, qui ont besoin et qui entraînent le changement ! Dans le process d’évolution, il arrive que d’autres leaders émergent naturellement, ou qu’on doit aider à émerger. C’est parfois assez perturbant, mais quand on en a conscience et qu’on sait piloter ce process, on trouve des nouvelles forces au sein de l’entreprise. Ainsi, Il n’est pas besoin de forcément changer les équipes, comme on le craint souvent, mais il faut en revanche changer de point de vue sur ces équipes ».

 

Le changement, pour redonner du sens

Pour Grégoire Buffet, « le contexte de mutation contraint à l’agilité, et il faut savoir s’en saisir comme d’une opportunité ». « Les générations Y et Z qui arrivent aujourd’hui dans l’entreprise, sont d’ailleurs nées sous le signe de l’agilité, pas sous celui de la stabilité du modèle industriel classique. Les jeunes sont prêts à bouger, poursuit Emmanuel Buée. Ils ne recherchent pas la sécurité au sens traditionnel, mais un projet et du sens. Ils ont besoin de nouveaux types de collaborations, plus agiles, moins hiérarchiques. Ils donnent de l’énergie dans leur job quand il leur est donné du sens : c’est ce train qui avance que ne doit pas rater l’entreprise ».
 
En manière de conclusion, provisoire, une réflexion de Laurent Ouvrard. « C’est un paradoxe assez réjouissant que l’entreprise qui sait se mettre en mouvement, qui sait piloter le changement… au final ne déstabilise pas ses équipes. Au contraire. Tous, les salariés, les dirigeants, les cadres, tous ont besoin de cette agilité pour faire progresser leur entreprise. Et pour progresser dans l’entreprise ».