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Propos recueillis par Philippe Le Boulanger, rue Premion
 
« Le changement, c’est tout le temps ! » Dans un sourire, ils trouvent la formule pour raconter le rythme, mais aussi l’impact, du changement en entreprise.
 
Dirigeants associés de H3O – Laurent Ouvrard pour For Action, Grégoire Buffet pour H3O Recrutements Spécifiques et Emmanuel Buée pour H3O Ressources de Transition –, ils partagent une conviction : le changement est une chance, bien plus qu’un risque. .
 
« Comment peut-on encore parler de crise ? Nous traversons au moins la troisième période de basse activité depuis cinq ans. Il faut donc dorénavant s’en persuader, ce contexte bousculé est durable, sans qu’on puisse en rester au simple diagnostic de crise. Est-ce à dire que la morosité s’impose ? Pas sûr du tout, commence Laurent Ouvrard. Mais il faut que toutes les structures, les entreprises et les collectivités, apprennent à s’adapter en permanence, sur des cycles qui sont de plus en plus courts ».
 
Les organisations ont d’ailleurs commencé à bouger. « Mais, quand elles se sentent contraintes, quand elles sont seulement dans la réaction, les entreprises prennent le risque de provoquer des chocs dans les équipes, des situations conflictuelles, qui aboutissent souvent à l’échec. Il faut au contraire s’efforcer de maîtriser l’évolution. Il faut apprendre à manager dans ce contexte de changement. Mais ce n’est pas un savoir-faire que possèdent a priori tous les managers ! »
 
Subir ou piloter le changement ?
« Puisque le changement, c’est tout le temps, l’alternative est simple, reprend Grégoire Buffet. Soit on le subit et on en souffre, soit on essaie de le piloter. C’est une question de choix. Mais attention : il ne suffit pas de parler du changement, de dire oui au changement… Il faut vraiment, profondément, changer de point de vue pour enclencher les évolutions. Cela peut cependant être contrarié par des blocages de type culturel ou institutionnel ».
 
Risque vs opportunité
« Nous ne sommes pas indemnes de notre culture, confirme Emmanuel Buée. Quand les anglo-saxons disent Take a chance, nous disons Prendre des risques. » « Ils croient au droit à l’erreur au fil d’une carrière ; ils valorisent les échecs dans leurs CV… Nous les masquons, les expliquons ou les excusons dans les nôtres », commente Grégoire Buffet.
« Il faut bouger notre tradition analytique à la française, procédurière, assez peu fluide, poursuit Emmanuel Buée. Quittons le Prendre un risque pour aller vers le Prendre sa chance ! Quittons le mode défensif, le système qui résiste, individuellement et collectivement, au changement : c’est indispensable pour éviter la frustration – inévitable – de ne pouvoir empêcher le mouvement ».
 
Retrouver des leviers d’action
« Il devient indispensable de bouger le modèle, de changer de point de vue. C’est-à-dire apprendre – ou réapprendre – à positiver, assure Grégoire Buffet. Les entreprises qui choisissent cette attitude sont souvent celles qui créent, qui innovent, dans les produits, les services, les organisations… On commence à remarquer la réussite de ces entreprises qui il y a quelques années ont osé prendre le parti du changement : aujourd’hui elles recrutent, elles créent de nouvelles activités qui prennent le relais des anciennes et tirent le développement. Pour certaines, elles relocalisent même des activités qui étaient parties dans les pays à bas coûts… En choisissant délibérément un positionnement offensif, on prend rapidement conscience que le changement donne de nouveaux leviers d’action... »